Biographie Eric Weil

banderolle
 

boutn Accueil
Bouton Missions
Bouton Organigramme
Boutons Projets
Bouton bilan
lien vers la BEW
Bouton Publications
Bouton Textes en ligne
Bouton Actualités
Bouton Contact

 

 

flecheBiographie d'Eric Weil.

par Gilbert Kirscher

 

1904-1922 Parchim

photo weil.8 juin 1904 : Naissance à Parchim (Mecklemburg) d’Erich Weil, fils de Louis Weil, commerçant aisé et Ida Weil, née Löwenstein
.1911-1913 : élève à la Vorschule de Parchim
.1913 (Pâques)–1922 (Pâques) : élève au Friedrich-Franz-Gymnasium de Parchim
.6 mai 1922 : mort du père, Louis Weil. Difficultés matérielles pendant les années suivantes dont témoigne par ex. la conférence inédite : « Der Werkstudent » (1932)

1922-1928 Hambourg-Berlin, études universitaires

.24 avril 1922 - 10 août 1922 : Hambourg : étudiant inscrit à la Faculté de Médecine (inscrit également à un cours de Cassirer sur la philosophie du langage)
.13 octobre 1922 - 7 mars 1923 : Berlin, étudiant inscrit à la Faculté de Médecine de la Friedrich-Wilhelm-Universität (habite Berlin, Kastanienallee 26)
.3 mai 1923 – mars 1924 : Hambourg, étudiant inscrit à la Faculté de Philosophie (cours de Cassirer, Panofsky, Görland, Stern, Petsch, Wolff…)
.7 mai 1924 - 7 mars 1925 : Berlin, étudiant inscrit à la Friedrich-Wilhelm-Universität (cours de Wertheimer, Maier, Dessoir, Hildebrandt, Rieffert, Lasch, Weisbach, Reich, , Roethe…)
.1 avril 1924 – fin février 1925 : travaille à l’« Antiquariat » d’une Librairie située Lützowplatz, Berlin ; domiciles : Charlottenburg, 2 ; Schlüterstr. 746 ; Kurfürstendamm, 204
.17 avril 1925 - 15 août 1927 : Hambourg, étudiant inscrit à la Faculté de Philosophie (cours de Cassirer, Görland, Noack, Petsch...)
.22 février 1928 : Hambourg, Doktorprüfung : « sehr gut »
La dissertation doctorale Des Pietro Pomponazzi Lehre von dem Menschen und der Welt imprimée par Sittenfeld, Berlin, dir. Ernst Cassirer, reçoit la mention « sehr lobenswert ». Elle est éditée en 1932 sous le titre Die Philosophie des Pietro Pomponazzi in Archiv für Geschichte der Philosophie, XLI, Heft 1-2, Carl Heymanns Verlag, Berlin.
.20 juin 1928 : obtient une bourse d’étude (Preussisches Ministerium für Wissenschaft, Kunst und Volksbildung) qui permet de couvrir les frais d’inscription à l’examen du doctorat. Habite Oberstr. 140

1928-33 : Hambourg-Berlin, après le doctorat

photophoto

.Eric Weil travaille à l’élargissement de sa thèse sur le rapport entre philosophie et astrologie et à une édition critique de Marsile Ficin, De vita triplici, sous l’impulsion de Saxl et de Panofsky et du milieu de la Kulturwissenschaftliche Bibliothek Warburg qu’il fréquente depuis fin 1927.
.Prépare avec Hans Meier une anthologie de textes sur l’astrologie, qui n’a jamais vu le jour.
.Publie quelques comptes rendus, articles. Conférence : "Der Werkstudent”, Radio.


Hambourg :
.1 août 1928 – 15 janvier 1929 : travaille à l’ Unterrichts-Anstalt Jessel, Hamburg
.Début 1929 : assure quelques remplacements à la Bibliothèque Warburg ; donne des leçons particulières ; fin 1929 obtient une petite bourse
.3 juillet 1929 : habite Eichenstr. 28, III, Hamburg
.4 janvier 1930 : séjour de santé à Allenstein, Ostpreussen, Gartenstr. 16/17
.février 1930 : habite Maria-Louisenstr. , 40, Hoheluft, Hambourg

Berlin :


.Octobre 1930 : habite « bei Jaroczynski », Bayerischerplatz 4
.Fin 1930 : devient le secrétaire personnel de Max Dessoir et le restera jusqu’au début 33. Est chargé avant tout de la rédaction de la revue de Dessoir Zeitschrift für Ästhetik und allgemeine Kunstwissenschaft.
.1932 : Publication de la thèse, ce qui confère à Erich Weil le titre de « docteur ».
.30 mars 1932 : habite Barbarossastr. 36, Berlin W.30, d’où est datée sa dernière lettre en Allemagne (à Saxl), le 17 mars 1933.
.Le 20 février 1933, l’ambassade d’Allemagne à Washington reçoit notification que le poste demandé par E. Weil à l’Université de Porto-Rico lui est refusé. La notification officielle émanant de l’Auswärtiges Amt est datée du 21 avril 1933.


 

1933–1940 Paris

EW .19 avril 1933 – 27 avril 1933 : 1, quai St-Michel, Paris, 5e
.28 avril 1933 – 1 août 1933 : 192, rue de Tolbiac, Paris, 13e
.Anne Mendelsohn habite 6 bis rue du chevalier de la Barre du 29 août 1933 au 19 octobre et du 1 novembre au 28 décembre 1933.
.28 décembre 1933: Eric Weil séjourne avec Anne Mendelsohn Hôtel de la Louisiane, 60, rue de Seine, Paris, 6e.
.Catherine Mendelsohn à son arrivée à Paris (automne ou hiver 1933) est logée 59 rue de Seine.
.Juillet 1934 : séjour à Paris de Rose Mendelsohn, mère d’Anne et Catherine. De 1933 à 1939, E. Weil rencontre régulièrement des membres de sa famille à Luxembourg sans jamais revenir en Allemagne.

.16 octobre 1934, à 10h10 : mariage civil à Paris, mairie du 6e arrondissement, de Erich Weil et d’Anne-Lise Mendelsohn domiciliés 60, rue de Seine.
.23 octobre 1934 : mariage religieux, à Bad Mondorf, Luxembourg.
.En janvier 1935, Eric et Anne Weil-Mendelsohn, avec Catherine Mendelsohn s’installent 1, avenue René Samuel, Clamart, Seine. Ils y demeureront (sauf pendant la guerre) jusqu’à l’été 1958.
.11 juillet 1935 : décès à Berlin de Rose Mendelsohn
.11 février 1938 : décret de naturalisation d’Eric Weil, « homme de lettres », et d'Annelise Mendelsohn.

.A Paris, E.Weil poursuit son travail sur la philosophie de la Renaissance et l’astrologie, comme en témoigne l'important manuscrit "Ficin et Plotin" édité en 2007 par Alain Deligne. Il mène en même temps une réflexion sur l’histoire, sur les concepts fondamentaux de la philosophie, sur la logique de la philosophie.
.Collabore à la revue dirigée par Alexandre Koyré : Recherches Philosophiques, 1934-38.
.Participe aux Séminaires de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes dirigé par Alexandre Koyré, puis par Alexandre Kojève sur la Phénoménologie de l’Esprit de Hegel 1934-39 : fréquenté par Lacan, Leiris, Hypolite, Wahl, Polin, Queneau, Bataille…

.3 avril 1938 : Soutenance de la thèse de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes (5e section, Sciences religieuses, présentation en séance du mémoire, sous la direction d’A. Koyré) « La critique de l’astrologie chez Pic de la Mirandole».
.Rédaction de l’article « L’anthropologie d’Aristote », publié en 1946.
.1 août 1939 : commence la rédaction de la Logique de la Philosophie.

.1938 : Sa mère, Ida Weil, est contrainte de vendre la maison familiale de Parchim. Elle va habiter à Bad Ems chez sa fille Ruth Cohn et son gendre, le Dr. Siegfried Cohn. Le 8 novembre, l'appartement des Cohn est dévasté par les nazis. Le Dr. Cohn est arrêté.
.En mars 39, Ida Weil et sa fille Ruth Cohn habitent une chambre à Cologne. Les deux petites filles de Ruth ont été envoyées et cachées en Hollande. Leur père est arrivé à Amsterdam complètement démuni. Le 6 mars 39, Eric Weil a fait parvenir un versement de 100£ à un intermédiaire en Hollande pour son beau-frère et ses nièces. Un 2e versement de 50£ suivra. Le Dr. Cohn et ses deux filles parviendront à passer en Angleterre et à gagner l'Australie.

 

1940-45

photoIncorporé le 9 janvier 1940 sous le nom d’emprunt de Henri Dubois, fait prisonnier le 17 juin 1940 à Le Péage (Eure-et-Loir), emprisonné au Stammlager XI B, Fallingsbostel, Deutschland (à mi-chemin de Hamburg et Hannover, à 20 km de Bergen-Belsen). Désigné comme secrétaire-interprète, il devient, selon L. Sichirollo, l’un des principaux organisateurs, dans le camp, de la résistance des prisonniers de guerre, du rapport entre les groupes nationaux et l’un des rédacteurs d’un journal clandestin.  

« Des noyaux antipétainistes ont existé dans les Oflags, Stalags et Kommandos, dès le début de la captivité. [..] L’équipe des opposants – d’inspiration très pluraliste – constituée au Stalag IX B, à Fallingbostel, fait preuve d’une telle audace dans son opposition aux Allemands, dans la fabrication des faux papiers et dans l’aide aux évasions, qu’elle apparaît dès 1941 [..] comme auréolée de légende et comme l’embryon d’un véritable mouvement de résistance. »
(Yves Durand, « Les prisonniers », in La France des années noires, sous la dir. édit. de Michel Winock, Jean-Pierre Azéma et François. Bédarida, tome 1, Le Seuil, Paris, 1993, p. 267.

« Si les prisonniers de guerre juifs sont les seuls Français d’origine israélite à avoir échappé à la menace du génocide, ils ne le doivent pas à Vichy, mais au fait que – paradoxe du fonctionnement du régime totalitaire nazi – l’armée allemande, qui en avait la charge, n’a cessé de leur appliquer (sauf brimades particulières) les règles de la convention de Genève ». 
(Yves Durand, « Les prisonniers », in La France des années noires, sous la dir. édit. de Michel Winock, Jean-Pierre Azéma et François. Bédarida,, tome 1, Le Seuil, Paris, 1993, p. 262)

 


photophoto

.En 1940, Anne Weil a pu ramener sa sœur Catherine Mendelsohn du Camp de Gurs (Pyrénées Atlantiques) où elle était internée depuis deux mois en tant qu’étrangère de nationalité allemande. Après l’ordonnance de septembre sur l’obligation faite aux juifs de se déclarer, Anne Weil écrit à H. Moysset pour solliciter son aide. Anne Weil et sa sœur Catherine Mendelsohn (sous les noms d’Anne Dubois et de Marcelle Ombinat) trouvent refuge à Souillac, Le Pigeonnier-Laval (Lot).
Après avoir reçu une première lettre d’Eric Weil, prisonnier en Allemagne: «Il ne se plaint pas, dit qu’il travaille à l’infirmerie du camp et qu’il est traité correctement. Demande des vêtements chauds et quelque chose à manger. Mais avant tout des lettres.» (Anne W. à H. Moysset, 12/09/1940). Une autre lettre (7/2/41) signale qu’il a été malade en décembre, qu’il s’ennuie, joue aux échecs, qu’il est devenu pianiste dans l’orchestre du camp. Libéré, un camarade de captivité apprend à Anne Weil que «santé et moral sont bons» et qu’à ses moments de liberté il lit la Somme théologique de St Thomas.
.Le 8/2/41, Anne «accepte avec gratitude» le mandat envoyé par H. Moysset. Elle a fait labourer un bout de terre en friche et commence à jardiner. La lettre du 27/7/41 révèle que Weil a dû interrompre son travail de terrassier à cause d’une blessure, qu’il demande  des nouvelles de Moysset, qu’il parle «comme toujours»de son moral excellent. Lettre du 29/10/41 : Weil est malade, proposé pour la réforme, attend le passage de la commission médicale. En novembre-décembre 41: «Le prisonnier est courageux. Il a lu Kant et y a découvert de nouveaux aspects qui le passionnent. Il s’inquiète de nous.»  Catherine est malade - hiver froid, sans feu, faute de bois.
.Le 25/6/42, à Moysset: «Le prisonnier me demande de vos nouvelles dans chacune de ses lettres, bien rares hélas. Sa santé est meilleure depuis qu’il ne souffre plus du froid. Il a commencé un travail de pure métaphysique. Il me paraît content, réconforté. Il a beaucoup pensé aux conversations avec vous en lisant Saint-Paul.» Le 18/1/43: «Mon mari a été transféré dans la catégorie des malades rapatriables».
.Le 27 juillet 1942, Alexandre Kojevnikoff écrit à H. Moysset: «Je viens d’arriver à Souillac (Hôtel Bellevue) où je pense passer quelques jours avec Madame Weil et Mademoiselle Mendelsohn». Le 3 septembre de Vichy (Hôtel du Pavillon) : «Je vous transmets sous ce pli un télégramme de Madame Weil que je viens de recevoir. Je l’interprète comme suit: Mlle Mendelsohn est sur la liste des expulsés, mais se cache chez un paysan quelconque (ce projet existait déjà au moment où je l’ai vue)».
.La lettre du 22 mars 1943, signée Anne H. Dubois, et non plus Anne E. Weil, ne donne plus d’indication de lieu. Mais la carte du 11 octobre 1943 de Henri Dubois (Gefangenennummer 116.686) à Anne Weil (sic), Le Pigeonnier, Souillac, Lot est bien parvenue à destination (c’est l’unique lettre du camp expédiée par E.Weil qui a été retrouvée).
.Le 12 mai1943, d’Albi, A. Kojève à H. Moysset: « Je vous demande de me prévenir, en m’écrivant Poste restante, Gramat (Lot), car j’irai d’ici passer quelques jours avec Mlle Mendelsohn». Le 18 mai, de Gramat: «Je transmettrai demain vos amitiés à Mlle Ombinat. Quant à Mme Dubois, elle est en ce moment à Souillac.» Le 17 juillet: « Je suis établi à Gramat pour quelque temps (Mlle Ombinat n’y est plus, d’ailleurs). Kojève travaille alors à son Esquisse d’une philosophie du droit (publication posthume en 1981), dont il avait soumis pour discussion les premières pages à H. Moysset.
.Une lettre du 3 février 1944 révèle que les deux sœurs logent depuis septembre 1943 à l’Hôtel de France à Monpazier, Dordogne, «hôtel délabré et sale, pays joli, loin d’être calme». «Notre déménagement, assez brusquement décidé et exécuté, nous a donné beaucoup de tracas». Elles donnent des leçons aux jeunes filles des notables. «Mon mari a été malade et a souffert d’une longue interruption des communications». «J’aimerais beaucoup savoir comment vous, historien, politicien, philosophe, lisez le présent et l’avenir.» Entre le 10 mai et le 13 mai 1944, Anne H. Dubois est allée rencontrer Moysset. Le 1 juin 44: «Mon mari demande impatiemment de vos nouvelles. Il ne se sent pas trop mal et se découvre, devant la splendeur de la forêt printanière, un cœur et une plume de poète».
.Anne Weil tient un journal du 6 juin au 24 août 1944 et assure un travail de secrétariat et de liaison au service du commandement des FFI à Monpazier.
.Le 19 septembre 44, elle écrit à H. Moysset : «Nous sommes libérées depuis le 6/VI et heureuses de respirer. Et si nous sommes arrivées à ce tournant, je me rends bien compte que nous le devons en partie à vous, à votre encouragement, à votre aide et à votre soutien. ... J’ai encore quelques lettres sporadiques du prisonnier qui est très impatient. Je n’ose pas imaginer son existence dans cet enfer.» E. Weil lui-même, ne cesse, selon Anne Weil, de demander des nouvelles de Moysset et de lui transmettre son souvenir. Par exemple le 14 décembre 1942: «Dans toutes ses lettres... mon mari me demande et me redemande de vous écrire, de vous dire combien il admire votre clairvoyance, de vous dire aussi combien l’idée le rassure de nous savoir en relation avec vous». Cf. aussi la correspondance de Kojève avec Moysset.
.16 avril 1945 : libération du camp de prisonniers par les Anglais. Le Lieutenant-Colonel anglais attribue à E.Weil le bureau de l’ancien chef de camp allemand et le charge de l’organisation du retour des prisonniers.
.14 mai 1945 : Attestation du commandement militaire français : « Les réservistes Eric Weil et Henri Dubois ne font qu’une seule et même personne ».
.16 mai 1945 : Eric Weil est démobilisé à Paris.

[L’IEW remercie Monsieur Guilhem Belliard qui lui a transmis les lettres d’Anne Weil et d’Alexandre Kojevnikoff à Henri Moysset, dont les citations ci-dessus sont extraites.]

.1941 : Ida Weil et Ruth Cohn habitent à Neu-Isenburg, au sud de Frankfurt/Main.
A partir du 19 septembre, comme tous les membres de la famille restés en Allemagne, elles sont contraintes de porter le "Judenstern" et soumises à d'importantes taxes imposées aux juifs.
Le 22 septembre, pour éviter la déportation, Ida Weil entre au "Altersheim" de Frankfurt, Gagernstr. 36 en abandonnant ses meubles.
.1942 : le 18 août, Ida Weil est déportée à Theresienstadt, avec sa fille Ruth Cohn, sa soeur Sara Wertheim, son beau-frère Alfred Wertheim et leur fille Hanna Goldberg. Tous sont disparus en déportation. Le 26 septembre, Ida Weil est déportée par le transport "Er 1027" en direction du camp de Maly-Trostinec (dans l'actuel Belarus, près de Minsk). Elle allait avoir 76 ans. "Über ihr weiteres Schicksal ist mir nichts bekannt" (E. Weil). Elle serait morte à Auschwitz. La date de sa mort a été fixée par convention légale au 15 mai 1945. Ruth Cohn est dirigée de Theresienstadt vers Kowel, alors en Pologne, aujourd'hui en Ukraine, où elle a dû mourir peu après son arrivée, les nazis ayant massacré tous les juifs des deux ghettos au mois d'août.

[Les informations sur le sort de la famille d'Eric Weil sont tirées du dossier de la "Wiedergutmachung" (dédommagement) décidée par la République fédérale allemande. Ce dossier réunit la correspondance d'Eric Weil à partir de 1949 avec un membre survivant de sa famille, Charlotte Wertheim, et entre 1955 et fin 61 avec un cabinet notarial de Göttingen.]

 

1945-1956 Paris

1945
12-19 juillet : visite à Henri Moysset, à Gramond, près de Rodez
.1 octobre : nommé chargé de recherches au CNRS

1946
.Eté 1946 : séjour au Pigeonnier, Souillac (Lot)
.2 octobre : visite à Henri Moysset, à Albi
.Novembre : intervention chirurgicale
.27 décembre : fin de la rédaction de la Logique de la Philosophie

1947
.Avril 1947: visite à Georges Bataille, à Vézelay.
.11 avril : visite (avec Anne W. et Catherine M.) à Henri Moysset dans le Tarn.
.Juin : Parution du n° 1 de Critique, revue fondée par Georges Bataille. Eric Weil devient rapidement «l’interlocuteur privilégié de Bataille au sein du comité de rédaction» (Sylvie Patron, in A en-tête de Critique, à paraître Ed. Septentrion, Villeneuve d’Ascq). Il publiera environ 150 recensions et comptes rendus dans Critique.
.Août-septembre : vacances au Pigeonnier-Laval, Souillac (Lot)
.Octobre 1947-juillet 1948 : correspondance avec Jean Wahl (aux USA) sur l'organisation de conférences du Collège philosophique (fondé par Jean Wahl en janvier 1947) et leur publication dans Deucalion.
."Je viens d'obtenir l'équivalence de la licence ; du côté des réglements, rien n'arrête donc plus la thèse" (A J. Wahl, 12/10/1947, IMEC).

.« Le cas Heidegger » in Les Temps Modernes.

1948
.2 décembre : demande d’inscription sur la liste d’aptitutde à l’enseignement supérieur : ajourné
.Participe à l’enquête de l’UNESCO sur la démocratie (1948-49), aux décades de Royaumont (1947-52).
.1 au 13 juillet, séjour à Chichilianne (Isère)-"Dès que je vois des montagnes, je revis" (à J. Wahl, 24/06/1948, IMEC).
.2/07/1948, décret de naturalisation de Catherine Mendelsohn.



1949
photo

.10-20 juillet : dirige avec G. Bachelard et H. Gouhier la Décade de Royaumont: « Le bonheur »
.Septembre : interruption de Critique. G. Bataille refuse la co-direction de la revue avec E. Weil (cf. Sylvie Patron, Critique 1946-1996, Editions de l’IMEC, Paris 1999, p.60-63).

1950
.10-20 juillet : dirige avec H. Gouhier la Décade de Royaumont : « L’idée de modernité »
.21 juillet -5 septembre: séjour à Chichilianne (Isère)photo
.6-16 septembre : participe aux Rencontres internationales de Genève, « Les droits de l’esprit et les exigences sociales » (<rencontres-int-geneve.ch>), Adhère à la SEC (Société européenne de culture) fondatrice de la revue Comprendre.
.16-21 septembre : Chichilianne
.21 septembre - 16 octobre : voyage en Italie : "Dix jours à Rome, un jour à Paestum, trois jours à Florence, un jour à Prato, un à Pise, un à San Gimignano, etc, etc. Vous vous imaginez ce que cela a été, surtout en compagnie d'amis absolument charmants et compagnons de voyage idéaux. Depuis plus de vingt ans, je n'ai pas vu tant de belles choses - et autant ri" (à A.Koyré, in S. Patron,  A en-tête de Critique).
.Octobre : Critique paraît à nouveau (n°41), aux Editions de Minuit: G. Bataille directeur, Eric Weil et Jean Piel, chargés de la rédaction. Eric Weil s’occupe particulièrement des domaines de l’histoire et de la philosophie.
.Publication de Logique de la Philosophie (Paris, Vrin), Hegel et l’Etat (Paris, Vrin)
.Conf. : Collège philosophique.

.Eté : séjour en Italie, Paestum (cf. photo).
.1950-55 : cours à l’EPHE sur la Philosophie du Droit de Hegel

1951
.17 mars : Sorbonne : soutenance de la thèse de doctorat Logique de la Philosophie (thèse principale), Hegel et l’Etat (thèse secondaire). Jury : Jean Wahl, Henri Gouhier, Jean Hypolite, Maurice Merleau-Ponty, Edmond Vermeil.
.26 juin : demande d’inscription sur la liste d’aptitude à l’enseignement supérieur : ajourné
.10-20 juillet : dirige avec H. Gouhier et P. Burgelin la Décade de Royaumont : « Le dialogue »
.Août – sept. : séjour à Crouy-en-Thelle (Oise) (chez G. de Rotschild ?)
.Septembre : participe aux Rencontres internationales de Genève, « La connaissance de l’homme au XXe siècle » (<rencontres-int-geneve.ch>)
.Conf. à Nancy

1952
.28-29 janvier-5 mai : demande d’inscription sur la liste d’aptitude à l’enseignement supérieur : ajourné
.10-20 juillet, dirige avec H. Gouhier et P. Burgelin la Décade de Royaumont : « La nature » , séjour en Crouy-en-Thelle (Oise)
.3-12 septembre, participe aux Rencontres internationales de Genève, « L’homme devant la science » (<rencontres-int-geneve.ch>)
.Conf. : Cologne (12 juin 1952), Venise (juillet 1952), , Bruxelles (Hautes Etudes, décembre 1952) - Conf. radiophoniques à la BBC, Londres 1952- 54; RTF, Paris 1952 –57
.Collabore à la revue Confluence (1952-1957)


photo

.1 octobre : nommé maître de recherches au CNRS
.1952-53 : Cours à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes (6e section, Centre de Recherche historiques, dr. F. Braudel) : « La pensée politique allemande pendant la 1ère moitié du 19e siècle » ; « La Politique d’Aristote et son influence sur la pensée politique moderne »

1953
.Septembre, participe aux Rencontres internationales de Genève, « L’angoisse du temps présent » (<rencontres-int-geneve.ch>)
.Conf. : Cambridge, Bruxelles, Genève, Israël, UNESCO, Union scol. Juive

1954
.Septembre, participe aux Rencontres internationales de Genève (conf. 7-8 sept), « Le nouveau monde et l’Europe » (<rencontres-int-geneve.ch>)

1955
.Hospitalisé du 26 nov. au 9 déc. 1955 et du 9 au 20 janvier 1956. Conf. en Allemagne
.12 décembre : inscrit sur la liste d’aptitude à l’enseignement supérieur et aux fonctions de Maître de conférences

.16 décembre : Anne Weil-Mendelsohn est nommée avec effet du 17/08/1955 à la C.E.E., d'abord au Luxembourg, puis à Bruxelles. Sa "carte de légitimation pour fonctionnaires internationaux" est signée à Bruxelles le 09/11/1956

 

1956-1968 : Faculté des Lettres de Lille

photo.1 avril 1956 : nommé chargé d’enseignement à la Faculté des Lettres de l’Université de Lille
.Août : séjour à Arosa
.Publication de Philosophie politique (Paris, Vrin)

1957
.Au Pr. Landmann qui lui demande (lettre du 19.06.1957) s’il accepterait un poste de professeur à l’Université de Berlin, E. Weil répond (28 juin 1957) qu’il s’est déjà « engagé en vue d’établir de meilleures relations avec l’Allemagne » mais qu’il ne peut « rayer par un retour vingt-cinq années de vie» : « Je suis trop intimement lié à la France ( Ich bin zu sehr mit Frankreich verwachsen) sans parler de ce que je dois à ce pays : si jamais j’allais dans un autre pays (...), j’irais en tant que français, mais le seul pays dans lequel ce serait une attitude absurde, ce serait l’Allemagne ». Cependant il serait prêt à accepter une mission de professeur associé si les autorités françaises le lui demandaient.
.Conférences : Cologne, Bruxelles, Toulouse, Münster, Marbourg (30 octobre)

1958
.Conf. Heidelberg (1-4 octobre), Lyon (15 novembre)
.Juillet – août : séjour à Arosa (Suisse), Haus Rocco
.Nommé professeur titulaire de la chaire de philosophie générale à la Faculté des Lettres de l’Université de Lille.
.Achète une maison, à Lille, 41, rue Gounod
.Eté : voyage en Italie
.Novembre : « J’ai été assez sérieusement malade. A présent, je suis en train de me remettre et de la maladie et du traitement » (à L. Sichirollo, 28.11.59).

1959
.Déménagement en mars à Lille, 41 rue Gounod, où il réside jusqu’en 1968

1960
.Conf. à Lille (8 mars), Cambridge (31 août-3 sept), Heidelberg (6-10 oct)
.Juillet-août : séjour à Arosa ; septembre : séjour en Italie (Rome, Urbino, Arezzo, Paestum …)
.Publication de Philosophie morale (Paris, Vrin)

1961-2
.Septembre 1961 - fin janvier 1962 : Visiting professor, Claremont College, Californie (USA) ; Conférence à Los Angeles

photo1962
.Démission de la rédaction de Critique
.Conf. à Claremont (USA – 8 janvier), Lyon (24 mars), Royaumont, colloque Hegel Heidelberg (29 juillet – 1 août), Strasbourg (15 sept), « congrès allemand de philosophie » (fin octobre), Münster (novembre).
.Août : séjour en Suisse et en Italie (San Casciano).



1963
.Conférences : Paris (Soc Franç.Phil. 26 janvier), Cologne (Husserl-Archiv) fin février, « réunion avec des amis de Harvard… en juin, dans le Nord de l’Italie » : Rockfeller Foundation, Villa Serbelloni, Bellagio (Como)
.15 août – 15 sept. : séjour à Arosa, Haus Koller

.Publication de Problèmes kantiens (Paris, Vrin)

1964
photo.Collabore à la revue américaine Daedalus
.Conférences : Bruxelles (janvier) Genève (Rencontres Internationales) sept. ; Heidelberg (Marxismus Kommission) 6-8 octobre ; Royaumont (colloque Hegel, membre du Bureau de la Internationale Hegel-Vereinigung) octobre ; séminaires à Urbino et voyage en Italie 1-20 nov. ; Pise (Ecole Normale Sup.) 23 nov. – fin nov.
.12 août-19 sept. : séjour à Arosa, Haus Koller
.Novembre 1964 - avril 1968 : entreprend dans son séminaire à la Faculté des Lettres de Lille  un commentaire suivi de la Logique de l'Encyclopédie de Hegel à partir d'exposés de Gérard Almaleh, Albert Baraquin, Robert Castel, Marcel Conche, Emmanuel Doucy, Elie Doumit, Jean-Paul Dumont, François Isambert, Bernard Jeu, Gilbert Kirscher, Michel Mazzola, Jean Quillien, Claude Roubinet, Pierre Roubinet, Gérard Simon.

1965
.Cours de Philosophie morale à Bruxelles, séminaire à Urbino en septembre
.Conférences : Giessen (février), Louvain (mai ou juin), Hagen, Urbino (coll. Hegel – 25 sept) ; Moscou, 2-17 décembre, 3 conférences
.Séjours : 15 août – 23 sept. à Arosa, Haus Koller ; puis à Urbino et Venise jusque début octobre (retour à Lille le 10 oct.)
.30 décembre 1965 : nommé chevalier de la Légion d’Honneur


1966




.Conférences à Zürich, Paris (5 mars : Télévision)
.31 mars-16 avril : vacances en Italie (Venise « Nous sommes tellement amoureux de cette petite ville que nous pensons de plus en plus sérieusement à nous y installer un jour qui ne serait pas tellement lointain) » [à LS, 26.4.66]
.15 août – 15 sept. : séjour à Arosa, puis – 23 sept. à San Casciano (Toscane), à Sienne, Pise

1967




photo

.Conférences à Paris (Semaine des Intellectuels catholiques) 3 février 1967, Chantilly (4 ou 5 février), Ammersfoort (coll. Hegel), Chantilly (18 novembre)
.Séjours en mai à Pise, Rome, Pérouse, Brunnen (Lac des 4 cantons), Bonn
.15 août-15 sept. : séjour à Arosa, Haus Koller ; puis l’Italie entre Pise et Florence, Suisse. Retour à Lille, 13 oct.

 

1968-1977 Nice

1968
.Conférences à Bruxelles (Hautes Etudes – 12-13 janvier), Lille (colloque Hegel, 8 - 11 avril), San Diego, USA (3 semaines avril-mai), Urbino (20 novembre – 15 décembre)
.Au jury du Hegel-Preiss, Stuttgart, 12 novembre
.Anne Weil : départ à la retraite
.1 août : Achète un appartement à Nice, 47, boulevard Victor Hugo, « un monument de style bourgeois des années 1890, spacieux, admirablement situé, incroyablement démodé et vaste, à quelques minutes à pied de la mer – et à un prix raisonnable » (EW à LS, 24.6.68).
.1 Octobre 1968 – 30 septembre 1974 : professeur à l’Université de Nice

EW1969
.6 février : reçu docteur honoris causa (Ehrenpromotion) de l’Université de Münster (Allemagne)
.Membre du jury du Hegel-Preis (Stuttgart, 12 novembre)
.Conférences à Paris, Nice, Cologne, Chantilly (17 mai), Nice (4 septembre), Bellagio (5-7 septembre 1969), Urbino, Bruxelles (26-27 novembre), Lille (18 décembre)

1970
.Début Mars : Hospitalisé, intervention chirurgicale.
.30 mai : élu membre de l’American Academy of Arts and Sciences
EW.Conférences à Milwaukee 2 juin (Marquette University, USA), Heidelberg (septembre), Reading University (Grande-Bretagne, 28 octobre 1970), Turin (20 novembre 1970)

.Publication de Essais et Conférences I, Paris, Librairie Plon ; Problèmes kantiens, 2e éditiion revue et augmentée, Paris, Vrin

1971
.Publication de Essais et Conférences II, Paris, Librairie Plon
.Conférences : Paris (Daedalus conf. 6juin), Colmar (IPP 2 juillet), Chantilly (14-17 octobre, colloque sur la Logique de Hegel)
.Avril : séjour en clinique : intervention chirurgicale
.Septembre : vacances en Italie (Toscane,...)
.Elu « Associate Advisory Member » du Centro Superiore di Logica e Scienze comparate de Bologne


photo1972
.Hospitalisé, intervention chirurgicale
.1 août : Aprica (Lombardie)
.Conférences : Paris (Daedalus, 12-14 sept.), Rome (16-20 sept)

1973
.Séjour en clinique : 11 janvier, 24 février, opération chirurgicale
.Conf. à Venise (Daedalus – 17-21 sept. 1973), Venise (IPP – 13-18 oct. 1973) ;
.26-30 juillet : Milan, puis Aprica
.Accepte l’invitation de E.Vollrath de participer au comité de rédaction (Beirat) de la revue De Re Publica qu’il projette de créér (avec soutien de H. Arendt).

1974
.Conférences à Amsterdam, Nimègue, Groningen (1-5 avril), Lille (8 avril), Aspen (Colorado, USA – 23 juillet-15 août 1974), Cologne (WDRundfunk), Nice (2 décembre)
.8 juin : professeur honoraire de l'université de Nice
.Septembre : voyage en Italie, San Casciano, Urbino, Pise, Rappallo
photo

photo
1975
.Mai : empêché pour raisons de santé de se rendre aux conf. de Bellagio. Hospitalisé du 28 mai au 9 juin 1975 à l’Hôpital Pasteur de Nice
.Château d’Oex (Suisse), puis Italie : Urbino (colloque Schelling 3-5 octobre) et séjour de 2 semaines. Conf. Nice, novembre

1976
.2 février : élu membre correspondant de l’Académie des Sciences Morales et Politiques de l’Institut de France, section Philosophie
.20 avril : Rédige son testament.
.Août : Château d’Oex (Suisse), Hôtel Beau Séjour
.Hospitalisé du 11 au 21 septembre 1976 à l’Hôpital de Cimiez, « Comme vous voulez de mes nouvelles, en voici, et d’excellentes, depuis hier soir, dans un rapport de l’hôpital. Je n’ai rien ; et vraiment, ils avaient fait l’impossible pour trouver quelque chose… » (à L.Sichirollo, 20.10.1976).
.Conférences à Hambourg (4 mai), Poitiers (Hegel– 20-21 novembre)

1977 :
.« Ici, cela ne va pas mal, quoique cela puisse aller mieux : j’ai une artère d’une jambe bloquée, et je pense entrer en clinique un de ces jours, pour faire procéder au nettoyage qui s’impose… » (EW à L.Sichirollo, 3.01.1977).
.Hospitalisation à la clinique St Georges de Nice le 4 janvier, interventions chirurgicales le 17 et le 29 janvier
.1 février : décès d’Eric Weil à son domicile de Nice

 

Eric Weil est enterré au cimetière de la Ville de Nice. A la suite d’éboulements dans le cimetière, ses restes ont été exhumés une première fois et transférés de la concession 129.888 à la concession 22.235, puis une seconde fois, le 26.11.2004, à 8h. du matin, en présence de Gilbert Kirscher et Jean Quillien, exécuteurs testamentaires, dans la concession 134.735 déjà commune à Anne Weil-Mendelsohn (décédée le 5 juillet 1984) et à Catherine Mendelsohn (décédée le 15 février 1993).

 


EW
Eric Weil par Kathleen Schwarzenberg


 

 

 

 

 

mise en page par F. Iznasni

 

 

 

 

 

 

Mise à jour le 19/09/17
 

Institut Eric Weil-Université de Lille 3- 59652 Villeneuve d'Ascq Cedex FRANCE -------- Mentions légales | Plan du site